Archive pour la catégorie ‘le buzz de l'art’

David Lynch inspire les Galeries Lafayette

Jeudi 10 septembre 2009

David Lynch, artiste global, musicien, cinéaste et plasticien, à mis en scène onze vitrines pour les Galeries Lafayette, inaugurées avant-hier lors du vernissage au grand magasin, dont le brouhaha était tout de suite perceptible sur Twitter. L’exposition baptisée « Machines, Abstraction and Women » sont onzes fenêtres ou portes d’entrées à l’intérieur de l’univers labyrinthique de Lynch. À travers cette exposition, il cherche à provoquer un sentiment d’angoisse chez les spectateurs « Je n’ai pas voulu entrer dans une catégorie bien rassurante. Au contraire, j’ai tenté de prouver comment l’art a besoin de s’extirper de toute frontière » confie-t-il en toute franchise.

Ainsi, les spectateurs pourront découvrir depuis les grands boulevards, des installations sophistiquées et inquiétantes extirpées tout droit de Lynchland. Des vitrines à effet mirroir qui, comme ci-dessus, renvoie autant à Le Cri de Munch qu’au Septième Sceau de Bergman : un masque mortuaire traversé par un train marchand qui s’engouffre par la bouche, pour ressurgir ensuite sur notre tunnel rétinien. Un façon d’interpeller l’oeil de la consommatrice hypnotisé dans son shopping ?

A l’issue de l’exposition, les pièces seront vendues aux enchères par Christie’s au profit de la Fondation d’entreprise PPR pour la dignité et les droits des femmes. Une quarantaine de lithographies signées par le réalisateur de Eraserhead sont également présentées au premier étage du magasin, au cœur d’une installation surnommée I see myself. Pour ceux qui comme moi n’ont pas eu la chance d’être présent au vernissage, voici un Making of de l’exposition avec une interview de David Lynch trouvé sur Tribeca75 TV

Crédit Photos : Café Mode

Garance Doré passe le Gap

Lundi 31 août 2009

L’illustre blogueuse est talentueuse artiste Garance Doré vient de révéler officiellement les premières images de l’édition très limitée de T-shirts qu’elle signe pour les quarante ans de Gap et qui sera présentée à partir du 10 septembre dans un pop-up store éphémère à Carnaby street, pendant la fashion week. Autour de création exclusive de Pierre Hardy, d’Albertus Swanpoel et de Pharrel Williams, Garance Doré y exposera ses illustrations et ses photos pour l’occasion avec un vernissage prévu au 21 septembre, annonce-t-elle sur son blog.

Dans le jargon skate, faire un gap s’est taper un ollie en chute libre d’un pan en hauteur jusqu’au sol – en retombant sur ses pattes et avec style – bien évidemment. Un exploit, en somme. Garance Doré, en a peine trois ans d’activité, est passé du blog au Fashion statement, avec élégance et impertinence. On applaudit la prouesse et chapeau l’artiste.

Crédit photos : www.garancedore.fr

Monkey Business

Mardi 18 août 2009

Depuis le décès soudain de Michael Jackson avant son come back prétendu, le Bambi Business bat son plein. Après avoir fait exploser le hit parade des ventes sur Amazon et iTunes cet été, le portrait de Michael Jackson immortalisé par un autre roi de la pop culture, Andy Wharol, fait l’objet de toute les spéculations sur la mise aux enchères qui se tient aujourd’hui à New York. Initialement prévue le 12 juillet, la vente reportée aujourd’hui démarre à 800.000 $ et devrait atteindre des sommets. ou pas.

On annonce une vente historique estimée à 10 Millions de dollars mais il y a tout de même une ombre au tableau : Cette toile de 30×26 pouces réalisé en 1984 par Wharol sur commande pour illustrer la couverture de Times magazine, correspond à une série de 5 dont l’un d’eux à été vendu en 2008 à 278.000 $ sans prix de réserve, précise le Telegraph. The Vered Gallery qui organise la vente a cependant bien su gérer son buzz avec le report de l’enchère, prétextant une sur-demande ingérable suite à une annonce un peu précipitée. Dans l’écart, ils auront gagné en visibilité médiatique sur l’opération. A suivre en tous les cas, le résultat de la vente sur le site de la galerie ou son fil Twitter.

Opportunisme pour opportuniste, Le « couturier » people Christian Audigier tire son épingle du jeu au bon moment pour révéler en exclusivité la ligne de vêtement Michael Jackson sur NBC, aujourd’hui même ! Une collection couture merchandising qu’il a crée avec la collaboration du Moonwalker et inspirée de son look inimitable, mais dans une version cheap et très bling-bling. T-shirt collectors, chemises à l’emporte pièce, ceintures, gants en strass à 250 $, par ici la monnaie ! Le Michaël Market reprend de l’élan, pas nécessairement comme prévu, ironie du sort pour un génie artistique endetté jusqu’à l’os avant de rendre l’âme… Un retour de fortune, comme on dit.

Seconde peau

Mercredi 27 mai 2009

Impression sur T-Shirt réalisé par le photographe suédois Simon Berg, taille médium, pièce unique (Dask gallery, Copenhague). Probablement le must have de cet été pour parfaire son bronzage de bras. A découvrir d’autres travaux surprenants et ironiques sur le portfolio de l’artiste.

The Girlfriend Experience

Vendredi 24 avril 2009

Steven Soderbergh fait appel à la pornostar Sasha Grey pour son prochain film, The Girlfriend Experience. Un longmétrage à petit budget qui doit sortir simultanément sur le câble, Internet et en DVD. L’action se déroule à New York et met en scène une jeune call girl de luxe. Pour l’anecdote, le scénario a été écrit par Brian Koppelman et David Levien, les deux scénaristes d’ Ocean 13. Ce n’est pas une première  pour Sasha Grey qui a déjà montré ses talents d’actrices dans des films plus habillés comme l’indépendant Dick Rude et le film d’horreur Smash cut. De la porno pop culture dans la continuité de sexe, mensonges et vidéos, la sortie du film de Steven Soderbergh est prévue pour le 22 mai prochain. En attendant, voici en guise de préliminaires le petit trailer qui va bien avec.

Castelbajac, l’artiste logomaniaque

Mercredi 1 avril 2009

La galerie londonienne Paradise Row présentera du 03 avril au 2 mai, la première exposition personnel de Jean Charles de Castelbajac, The Triumph of the Sign. Couturier de son temps, Castelbajac a déployé tout au long de sa carrière une stratégie de l’appropriation et du détournement culturel, remixant les images, les signes et les symboles de la culture populaire avec ceux de l’art. Pour cette exposition, Castelbajac a  sous-traité commissionné des peintres en Chine pour reproduire parfaitement une série de chefs d’oeuvre occidentaux, de Bronzino à Manet en passant par Ingres, et un atelier différent pour peindre des logos sur les surfaces des chef-d’oeuvres copiés.

Le créateur revisite ainsi La Grande Odalisque d’Ingres auquel il superpose en trame répétitive le logo Gucci pour sa peinture Top Kapital , un jeu de superposition entre le signe social et la référence culturelle, pour mieux brouiller nos esprits. Doit on voir de l’art dans ses 16 peintures exposées ou plutôt dans le geste artistique et le message critique de son processus de fabrication ? Art ou pas, ce logomaniaque des signes nous donne à voir dans ces oeuvres cette profusion presque vulgaire (en tout cas vulgarisé) du luxe griffé et massifié à outrance, avec ce rappel omniprésent de nos référents culturels.

La journée de la femme avec Barbie

Mercredi 11 mars 2009

Le 08 mars 2009, c’était la journée de la femme. Le lendemain – lundi 09 mars 2009 – c’était le 50ème anniversaire de Barbie, femme-objet et top model de 29 centimètres de haut, aux jambes interminables et à la poitrine rebondie, toujours aussi belle et jeune, même si elle n’a plus 20 ans. Ironie de l’époque ou hasard de calendrier ?

Barbie est plus qu’un jouet, elle est devenue un canon de beauté féminin, adulée par plusieurs millions de fans à travers le monde avec aussi ses détracteurs féministes, qui fustigent l’objet en poupée vaudou dangereuse, favorisant le sexisme et l’anorexisme auprès des jeunes générations.

L’industrie de la mode, elle, a fait de Barbie son égérie, sa muse, son jouet porte-bonheur et porte-manteau. Début avril, vous pourrez découvrir au premier étage des galeries lafayette cinquante tenues dessinées par les plus grands noms de la mode tels que Sonia Rykiel, Christian Lacroix, Chantal Thomass Jean-Charles De Castelbajac, Karl Lagarfeld. Le Concept-store Colette met en scène l’univers de la poupée
avec une collection de vêtements en édition limitée inventée par le créateur américain Jeremy Scott. Karl Lagerfeld y exposera une série de photos où Barbie grandeur nature pose au bras d’un jeune homme mi-Ken, mi Karl.

©Jocelyne Grivaud

Mais loin du système paillette et de la controverse que suscitent la Barbie, je mes suis davantage attardé au travail de l’artiste Jocelyne Grivaud et son concept Barbiemuse (découvert via Tendance-parisienne), qui échappe au temps, aux premières rides des 5O ans. Un remake des grands tableaux de maîtres allant de Veermer à Otto dix en passant par Man Ray, elle compose au sens propre comme au figuré, un véritable travail d’art plastique. Son projet m’a bien plu, et montre que Barbie inspire aussi les artistes. Et c’est déjà pas mal.

Street art passage (Vienna) by Space Invaders

Mardi 10 mars 2009

Space Invaders, l’un des principaux chef de file du Street art Français, poursuit son invasion un peu partout dans le monde. Après avoir posé un QR code en mosaïque sur les bords du Gange et avoir mis en volume ces mosaïques en 3D avec des Rubik’s Cube, je viens de découvrir cette commande réalisée pour le pont du MuseumsQuartiers à Vienne, un complexe urbain regroupant trois musées, des retaurants et des boutiques design, ainsi que des résidences d’artistes. En attendant sa prochaine intervention dans un nouveau lieu qui va s’ouvrir à Paris le mois prochain, je vous laisse compter les points au game score artistique.

Slow art : Le petit monde de la Fratrie

Lundi 23 février 2009

En street art, vous connaissez naturellement le projet little people de l’artiste anglais Slinkachu qui réalise des photos à partir de mise en scène miniature, souvent drôle, satirique et esthétique. Le dernier projet en date de Slinkachu, inner city snail propose une invasion d’escargots à Londres (symbole iconique du mouvement slow), dont les coquilles taguées n’échappent pas à l’environnement urbain post-graffiti. Des clichés macroscopiques qui font suite à l’univers parallèle des Little people, aux frontières du slow art et du street art.

En France, Les deux frères artistes simplement réunis autour du collectif La Fratrie suivent cette mouvance Slow art, avec leurs minuscules habitations isolées sur des fragments de planète, comme autant de petits jardins suspendus. Le binôme nous entraîne dans les souvenirs inconscients de notre enfance avec leurs miniatures, allégorie d’un monde contemporain qui se regarde à la loupe, présenté dans le cadre de l’exposition itinérante de la Slow Gallery.

Enfantin certes, mais légèrement inquiétant. Une intemporalité évidente se dégage des œuvres accrochées, qui rappellent l’univers troublant de David Lynch ou encore du monde surréalistes de Magritte. La Fratrie développe un process artistique lent, qui commence par l’observation de la nature (leur atelier se situe dans le nord de la France, en pleine campagne) jusqu’à l’exécution minutieuse de décor-maquette aux détails très précis, de facture artisanale. Un contre-point radical aux réalisations très grandiloquentes de l’art contemporain actuel, dont j’ai déjà ou parlé sur ce blog, notamment sur le mouvement d’art d’affaires très bling-bling (Koons et Hirst, entre autres)

English version on Cubed TV

Exposition itinérante Slow Gallery Cube (Paris-Genève)

Jeudi 19 février 2009

Dans un lieu encore tenu secret à Paris, La Slow Gallery Cube est un lieu de rencontre dédié aux acteurs de la contre-culture slow, un courant de pensée qui émerge lentement mais durablement depuis quelques années. Chasseurs de tendances, faiseurs de mode, artistes plasticiens, musiciens, designers, communiquants et blogueurs s’y retrouveront pour le vernissage de cette exposition itinérante, qui débutera à Paris et se poursuivra à Genève.

Les acteurs avant-garde du courant slow ont été réunis pour l’occasion par Jenny Mannerheim & Philippe Combres de la galerie Nuke, commissaires de l’exposition.

Avec la collaboration de Jérôme Dreyfuss (slow fashion / L’agricouture), Marcus Kreiss (slow movie / Souvenirs from earth), Scarlett Hooft Graaftland (slow photography), Christophe Vialle (Slow design / Racine carré), Samon Takahashi (Slow music), La Fratrie (Slow art) and François Bancon (Slow car / Nissan Cube advanced product department)

English version on cubed TV