Certains animaux, nobles ou puissants, sont intiment liés à la symbolique de communication des maisons de luxe : Le cheval d’Hermès comme étendard de la tradition du luxe à la française, Le lion solaire si cher à Chanel ou encore la panthère mythique chez Cartier, pour ne citer que ces trois exemples. Mais que dire de l’animal sans histoire, qui broute l’herbe et regarde passer le train ? Autrement dit, peut-on faire de la vache une icône pop arty ?
C’est le pari plutôt réussi pour LVQR, l’anagramme branché et contemporain de La vache qui rit, qui célèbre cette année ses 90 ans. L’occasion pour la marque trans-générationnelle de revendiquer son statut d’icône pop.
Nouveau design, film teaser commenté par JCDC, blog événementiel autour de la célébration, partenariat et contest créatif avec designboom, co-création avec des grands noms du design contemporain international et pour finir, une soirée à la Gaîtée Lyrique le 15 novembre prochain. A suivre…
En mai dernier, Kidult, Hacker de luxe envoyait son message vidéo-manifesto à destination de sa cible, sans équivoque : « Dans une culture subventionnée où le Street art est devenue la dernière lubie, plusieurs marques de luxe utilise le graffiti comme faire valoir, en méprisant cette culture. J’ai donc décidé de leur donner ce que ces marques aiment tant… ».
Le vengeur au crâne masqué signe ses méfaits en lettres géantes sur les façades des boutiques parisiennes à coups de Karcher - Traditionnellement utilisé pour nettoyer les graffitis - avant de diffuser la vidéo de l’attentat artistique en ligne. Depuis janvier 2011, on dénombre trois premières victimes : Agnès B, JCDC et Colette, des enseignes en lien étroit avec les artistes du mouvement street-art Parisien. Après l’affaire du logo Chanel liquidifié par Zevs sur une boutique Armani à Hong Kong, les maisons de luxe ont leur nouvel ennemi public N°1.
Art ou Vandalisme ? Question d’opinion : d’un côté, les marques de luxe s’approprient les codes de la Street Culture, de l’autre, L’artiste défend son territoire d’expression et revendique des attentats artistiques sur la toile. Coup pour coup. « Il faut rendre à César ce qui appartient à césar » introduit-il dans sa dernière vidéo-attentat diffusé à la mi-août, ayant cette fois pour cible Kenzo Flower Tag, à voir ci-dessous :
La croisade de Kidult ne fait que commencer. Car à y regarder de plus près, la Street Culture devient un nouveau code de luxe. Sneakers griffés luxe, collaboration avec des artistes urbains ( Fafi pour mac Cosmetics, André pour Belvedere Vodka…), Typo Graffiti ou Logo-Tag font leurs apparitions sur les packaging et les produits de luxe. Voir quelques exemples sur ma planche tendance Tumblr.
Il s’agit également pour les groupe de luxe de démocratiser leurs marques et produits auprès des jeunes urbains issues de la génération Y, nouveau consommateurs de luxe (voir dernière étude Ipsos juin 2011) attirés par la dimension transgressive et/ou subversive de la marque qu’ils consomment.
Seulement voilà, la génération Kidult – et son Robin des bois – montre un nouveau comportement hyper-réactif aux messages envoyés par les marques. On passe de l’effet miroir à l’effet Boomerang 2.0 (Voir aussi l’affaire du Logo Gap, la nouvelle mascotte de Malabar, pour ne citer qu’eux) quand l’identification sociale des consommateurs à la marque est rompue.
Jean-Charles de Castelbajac lance Punkahontas and the ducks, une ligne de prêt-à-porter créative, de qualité accessible pour une génération en devenir. Le lancement de cette collection mixte, joyeuse et colorée, coïncide avec Pop Hours, une nouvelle gamme de montres JCDC pour adulescents, reprenant l’esthétique basique de la brique Légo.
Ces deux nouvelles collections seront présentées au Ghost Inc à Londres le 18 septembre, puis à Paris au VIP Theatre le 23 du même mois. Un appel à candidature pour participer au défilé a été lancé sur facebook, à la manière du Street fashion Show de Grazia. Pour en savoir plus et participer, c’est par ici.
Intéressant co-branding entre deux univers bien différents et finalement pas si éloignés : l’adulescence, le pop, le gadget ludique, le jeu pour ne pas dire le jouet (ou le toy pour rester hype) . Et surtout : l’autodérision. JCDC VS Lego est une récréation créative. Une construction qui fait sens pour les deux univers de marque avec cette simple promesse : gardes toujours dans ta main, la main de l’enfant que tu as été. Un petit bijou d’animation sympathique réalisé avec la complicité de l’agence Four H qui ne se prend finalement pas très au sérieux même si la réalisation reste bien ambitieuse. Pour les trentenaires à tendances regressifs only