Articles taggés avec ‘Jeff Koons’

Veilhan virtualise Versailles

Vendredi 11 septembre 2009

Succédant à Jeff Koons qui avait suscité la polémique l’hiver dernier au Château de Versailles, l’artiste plasticien français Xavier Veilhan fait son entrée dans la cour des grands avec une commande de huit pièces exposées à partir du dimanche 13 septembre et jusqu’au 13 décembre.

Considéré comme un artiste pop minimaliste, émergeant sur la scène française au début des années 80, Xavier Veilhan sonde les conditions d’apparition et de décomposition de l’image à l’ère de la culture numérique, pour créer en volume des sculptures et des installations qui semblent inachevées dans un rendu mal poli. Connu pour certaines oeuvres maîtreses comme Rhinoceros Rouge, il a également collaboré avec le Groupe Air sur le projet Aéroline, qui confirme ses attaches avec le mouvement pop minimaliste. Dans son travail, il y a toujours cette mise au point en train de se faire, aussi par jeu avec le spectateur qui devine une silouhette de loin, malformée de près.

Ainsi, l’artiste a choisit de placer ses 8 installations à Versailles selon un axe Est-Ouest calqué sur la courbe du soleil, offrant un parcours en pointillé dans les jardins du château. Il s’agit « d’accompagner le visiteur dans le prolongement de ce qui a été fait dans le passé, mais avec une énergie et une réalité contemporaine » aurait-il confié aux journalistes. Veilhan à versailles, ce sont aussi les statues de neuf architectes contemporains, dont Jean Nouvel et Renzo Piano. Ci dessous, une entrevue de l’artiste signée vernissage TV

Une approche moins clinquante que celle du trublion Jeff Koons (dont il est par ailleurs un admirateur), l’artiste contemporain souhaite rendre hommage aux grands architectes et sculpteur du passé qui ont oeuvré jadis à Versailles. Le coût de l’opération s’élève à 2 millions d’euros, dont 1,4 million pour la production des oeuvres, le reste pour leur installation. La quasi-totalité du budget est assurée par le mécénat, à l’exception de 250 000 euros pour l’achat par l’Etat de la pièce Le Carrosse. Et vous, vous faites quoi ce week-end ?

Slow art : Le petit monde de la Fratrie

Lundi 23 février 2009

En street art, vous connaissez naturellement le projet little people de l’artiste anglais Slinkachu qui réalise des photos à partir de mise en scène miniature, souvent drôle, satirique et esthétique. Le dernier projet en date de Slinkachu, inner city snail propose une invasion d’escargots à Londres (symbole iconique du mouvement slow), dont les coquilles taguées n’échappent pas à l’environnement urbain post-graffiti. Des clichés macroscopiques qui font suite à l’univers parallèle des Little people, aux frontières du slow art et du street art.

En France, Les deux frères artistes simplement réunis autour du collectif La Fratrie suivent cette mouvance Slow art, avec leurs minuscules habitations isolées sur des fragments de planète, comme autant de petits jardins suspendus. Le binôme nous entraîne dans les souvenirs inconscients de notre enfance avec leurs miniatures, allégorie d’un monde contemporain qui se regarde à la loupe, présenté dans le cadre de l’exposition itinérante de la Slow Gallery.

Enfantin certes, mais légèrement inquiétant. Une intemporalité évidente se dégage des œuvres accrochées, qui rappellent l’univers troublant de David Lynch ou encore du monde surréalistes de Magritte. La Fratrie développe un process artistique lent, qui commence par l’observation de la nature (leur atelier se situe dans le nord de la France, en pleine campagne) jusqu’à l’exécution minutieuse de décor-maquette aux détails très précis, de facture artisanale. Un contre-point radical aux réalisations très grandiloquentes de l’art contemporain actuel, dont j’ai déjà ou parlé sur ce blog, notamment sur le mouvement d’art d’affaires très bling-bling (Koons et Hirst, entre autres)

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Mason massacre : l’art contemporain à son âge de pierre

Mardi 16 septembre 2008

C’est la grande tendance de la rentrée : tandis que Jeff Koons expose ses kitscheries au flamboyant château de Versailles, une seconde manifestation culturelle – plus discrète – propose ce même choc entre tradition et modernité. Une rencontre improbable entre le Palais de Tokyo et le Château de Fontainebleau.

Vaste palais aux exceptionnels décors de la Renaissance, du XVIIe, du XVIIIe et du XIXe siècle, déployant ses 1500 pièces à partir d’un château médiéval fondé avant le XIIe siècle, le château de Fontainebleau a été la résidence favorite de tous les souverains ayant régné sur la France jusqu’à la chute du Second Empire.

Bâtisse construite en 1937, le Palais de Tokyo a abrité le Musée National d’art moderne jusqu’en 1977 et depuis 2002, un centre d’art contemporain qui présente l’avant-garde de la jeune création française et internationale sur près de 4000 m² de surface d’exposition.

Château de Tokyo / Palais de Fontainebleau est plus qu’une simple exposition, il s’agit d’une véritable résidence du Palais de Tokyo qui se déplace tout entier avec ses collections, pour s’installer au château de Fontainebleau, orchestré par son directeur, Marc-Olivier Wahler. Les artistes exposés sont Etienne Bossut, Jeremy Deller, Dewar et Gicquel, Daniel Firman, Urs Fischer, Luca Francesconi, Roman Signer et Ceal Floyer, Fabrice Gygi, Henrik Plenge Jacobsen, Jonathan Monk, Gianni Motti, Werner Reiterer, Arcangelo Sassolino, Unabomber.

Mason massacre fontainebleau Palais de Tokyo art exposition

L’oeuvre de Daniel Dewar et Grégory Gicquel, Mason massacre, sera sans nul aucun doute le plus gros buzz de cette fin d’année pour le milieu de l’art contemporain : une Ferrari Testarossa pétrifiée de marbre – fossile de luxe ou vestige de notre société consumériste – pièce maîtresse de l’exposition qui ornera les jardins à la française du château elle sera probablement l’une des pièces les plus remarquées de la Fiac à Paris en octobre, mais aussi de la Force de l’art, en mai 2009 au Grand Palais. Hervé Loevenbruck, le marchand qui soutient le tandem artistique depuis toujours avec d’autres talents émergents de la scène française, peut se frotter les mains : convoitée par une liste d’attente de collectionneurs , cette Ferrari emblématique est estimé entre 150 000 à 200 000 euros.

Masson Massacre a nécessité des mois de travail au deux artistes, brièvement résumé dans cette vidéo de une minute. Inventifs, ces deux sculpteurs produisent peu de pièces et travaillent tous les matériaux, sans limite. Ils manient avec la même aisance l’aiguille et le marteau-piqueur. À la fois artisanales et industrielles, leurs sculptures révèlent autant la fragilité que la démesure. A noter que Mason Massacre ainsi que les deux autres sculptures monumentales en marbre ont été réalisées durant leur résidence aux collections de SaintCyprien en 2007/2008.


Jeff Koons : King of Kistch à Versailles

Vendredi 12 septembre 2008

Depuis mercredi 10 septembre et pendant 3 mois, le château de Versailles expose dix sept oeuvres de l’artiste-entrepreneur Américain Jeff Koons. Une première grande exposition personnelle en France pour le King of Kitch, financée par l’établissement public à hauteur de 300 000 Euros mais aussi par des collectionneurs privés, en particulier François Pinault, propriétaire de Split Rocker, une sculpture de douze mètres de haut recouverte de 100 000 pensées et pétunias, dont l’installation coûte, à elle seule, 800 000 euros. Autant dire que les jardiniers du château de Versailles ne vont pas chômer, car l’oeuvre sera la pièce maîtresse de l’exposition.

Une opération très Bling Bling qui n’a cessé d’alimenter les soupçons de collusion d’intérêts entre Jean-Jacques Aillagon et François Pinault, depuis le début de la semaine. En effet, l’actuel président du domaine de Versailles a été nommé après avoir assuré la direction du Palazzio Grassi, le joyau vénitien qui abrite une partie de la collection de François Pinault.

Parmi les œuvres exposées, Un gros homard en aluminium rouge pendu au plafond du salon de Mars (Lobster, 2003), un bouquet de fleurs en bois polychrome dans la chambre de la Reine (Large Vase of Flowers, 1991), un lapin en acier dans le salon de l’Abondance (Rabbit, 1986), ou encore un miroir en acier poli dans la galerie des Glaces (Moon, 1995).