Archive pour la catégorie ‘Revue de presse’

Citizen kane : François-Henri Pinault se prononce pour une « digitalisation de la mode »

Vendredi 12 novembre 2010

Le lundi 1er novembre, Women Wear Daily (WWD) a organisé une conférence exceptionnelle autour du l’avenir de la Mode et des Nouvelles Technologies à New York. Cette conférence a réuni des grands noms de l’univers de la Mode et notamment François-Henri Pinault du groupe français PPR, ainsi que les entrepreneurs High-Tech en vogue (Jack Dorsey, Dick Costello, Randi Zuckerberg…) pour donner leur vision de la Mode et les tendances prospectives en la matière.

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La conviction de François-Henri Pinault repose sur l’idée que le futur de la Mode sera porté par des clients appartenant à plusieurs communautés en quête d’hédonisme et qui s’engagent dans un dialogue permanent et ouvert avec des marques consistantes, responsables et fortes qui leur offrent des produits innovants et bien sûr,  de qualité. Ce futur sera porté notamment par une  « digitalisation » de la Mode. Un discours officiel plutôt encourageant sur le réveil de la haute-direction du secteur luxe,  après le feu d’artifice digital (avec de belles flamboyantes et autres pétards mouillés…) constaté sur virage de l’année 2009. Voici donc la retranscription traduite de l’intervention de monsieur François-Henri Pinault, en trois points :

rosebud

Le retour de l’hédonisme : « De nos jours et de plus en plus, le vêtement devient une expression de soi, un véritable langage symbolique qui crée des connections entre les individus. Il reflète le goût, la vie ou la vie rêvée de ceux qui le portent. Les chaussures, chemises, pantalons, ne sont plus simplement choisis pour leur côté fonctionnel, mais parce qu’ils parlent et séduisent instantanément le client. Ce « oui à la vie » est sans doute la meilleure définition que nous pouvons donner à la mode. »

Le rôle croissant des marques : « La marque est devenue un rapport de plus en plus fondamental dans le labyrinthe des communautés. Elle est devenue un ami en qui on a confiance et qui nous guide. Une marque fait bien plus que de relayer de l’information pure en identifiant un produit ou service derrière elle. La clé de la réussite pour une marque, est d’offrir des produits et des services innovants qui captent l’attention. C’est à ce moment là que les deux mondes de l’imaginaire et de la créativité se rencontrent : ceux du consommateur et de la marque. »

citizen_kane

La révolution digitale : « J’ai été depuis toujours été passionné par l’innovation technologique et Internet plus particulièrement. lorsque que j’ai mené la stratégie Internet du groupe en 2000, j’avais bien compris à l’époque l’opportunité grandissante qu’offrait internet aux marques. Chez PPr, internet est bien plus qu’un simple outil, c’est une véritable priorité stratégique pour chacune de nos marques. il n’est donc pas étonnant que Gucci ait récemment présenté son défilé on line, ou que Puma ait maintenant presque que 3 Millions de fans sur Facebook. Les réseaux sociaux sont bien plus que des forums de dialogues et d’interactions, ce sont aussi des univers de marchés qui offrent des opportunités commerciales. Internet accélère le phénomène émergent des groupes sociaux pour créer un monde de tribalisme numérique. La multiplication des innovations va conduire à une surcharge d’informations, ouvrant la voie à des services d’orientation pour aider les internautes à trier les informations.

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Nous passons d’une société de l’information à une société de la recommandation. l’industrie de la mode devra relever le défi de répondre aux attentes du client, tout en fournissant la meilleure expérience en ligne. Les dimensions d’exclusivité, de créativité et de relation privilégié avec le client, doivent être repensé pour maintenir la différenciation et cultiver le désir. Je crois vraiment que les services clients seront clés. »

Serge Gainsbourg, une vie héroïque

Jeudi 30 avril 2009

Les studios Universal (en co-production avec Studio 37) lance un biopic sur Serge Gainsbourg intitulé Vie Héroïque, réalisé par le scénariste et dessinateur de bande dessinée Joann Sfar, qui fera ses premiers pas derrière la caméra. L’acteur Eric Elmosnino (photos ci-dessus) incarnera le beau Serge face à Laetitia Casta, Mylène Jampanoï et Anna Mouglalis dans les rôles respectifs de Brigitte Bardot, Bambou et Juliette Greco. Il y a quelques jours, l’auteur de Le Chat du Rabbin annonçait sur son blog la fin du tournage. Il faudra à présent attendre 2010 pour découvrir Vie Héroïque. Un bel hommage pour l’homme à la tête de chou qui, rappelons-le, était aussi un génie incompris du cinéma underground avec notamment Stan The Flasher et Je t’aime moi non plus, entre autres. Reste à savoir si l’affiche passera les mailles de la Loi Evin

350 : le chiffre le plus important de la planète

Jeudi 6 novembre 2008


Un petit film d’animation très graphique, très dynamique, très informatif. Inquiétant : 350 est le chiffre le plus important sur Terre et il faut que la planète en prenne conscience.

350 dénote le seuil de sécurité climatique pour l’humanité, c’est donc le chiffre le plus important sur la planète. 350 parties par million sont le taux maximal acceptable de gaz carbonique dans l’atmosphère Des chercheurs constatent que le taux actuel de CO2 atmosphérique dépasse cette limite de façon telle qu’on risque de vivre des catastrophes climatique irréversibles. Nous en sommes déjà à 387 ppm.

Le mouvement 350.org a été lancé afin de sensibiliser le monde entier aux enjeux du réchauffement climatique et pour influer sur le nouveau traité international sur le climat dont l’adoption est prévue à Copenhague en décembre 2009 et dont les clauses prévues sont beaucoup trop insuffisantes pour permettre de revenir à un niveau acceptable de carbone.

Aussi, l’idée de ce mouvement est de faire connaître au monde entier ce nombre de 350 au travers d’actions originales : art, musique, éducation, réunions politiques, blog, carte postale, etc…) afin qu’il soit connu le plus rapidement possible. Plus de monde sera mobilisé, plus il sera possible d’influer sur le cours des négociations.

Zoë cassavetes pour Ferragamo

Mercredi 22 octobre 2008

La réalisatrice Zoe Cassavetes signe la nouvelle campagne TV de Tuscan Soul, le nouveau parfum mixte de la marque Salvatore Ferragamo. Ce film, tourné en Italie en juin dernier, nous entraîne dans une ballade poétique au coeur de la Toscane. Il y a une mélancolie qui, je ne sais pourquoi, me rappelle le mépris de Godard. J’apprécie vraiment cette lumière qui ne semble pouvoir exister que dans nos rêves, dans un registre légèrement moins baroque que les créations publicitaires actuelles du genre. Bravo donc au directeur de création Fabien Mouillard et du chef opérateur Mathias qui ont travaillé avec Zoë Cassavetes. La production est signé Unskilled, entité publicitaire de la production Onirim.

Zoe Cassavetes s’est déjà prêtée au jeu des campagnes de pub. Elle avait filmé Elettra Rossellini dans ses flâneries parisiennes pour Lamarthe en hiver dernier et shoot au passage la dernière campagne de la griffe italienne Marella Sport. Sans oublier, le making of Vuitton pour le clip de Marc Jacobs. Egalement cinéaste elle vient de sortir son premier long métrage Broken English en salle depuis le mois de juillet. Comme Sofia Coppola, on pourait dire Telle fille, telle père pour rendre hommage à cette nouvelle génération de femme cinéaste ?

Réouverture du Musée International de la parfumerie de Grasse

Lundi 20 octobre 2008

Après 4 ans de travaux pour rénovation et extension, le nouveau Musée International de la parfumerie a rouvert ses portes le 18 octobre 2008. Créé en 1989, ce musée unique au monde s’inscrit sur le territoire emblématique de Grasse, berceau de la parfumerie de luxe. Dédié à l’une des activités traditionnelles françaises des plus prestigieuses, le musée est également consacré à la sauvegarde et à la promotion du patrimoine mondial des odeurs, des arômes et des parfums.

Sur une surface d’exposition doublée et portée à 3 000 mètres carrés, le musée retrouve la liberté d’offrir un point de vue original et complet sur l’histoire technique, esthétique, sociale, culturelle des parfums à travers le monde. « L’histoire du parfum, ce n’est pas seulement celle d’une industrie liée à la mode, au luxe, dont la France est devenue le principal acteur. Depuis l’antiquité, le parfum est aussi au carrefour de la thérapeutique, de la cosmétique, du culinaire, voire du sacré », explique la conservatrice du Musée.

Magnifique de lancôme : révélation ce soir en direct sur M6 à 22h15

Jeudi 28 août 2008

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Au mois juin dernier, quelques happy-few blogueurs venus des quatre coins d’Europe découvraient la nouvelle fragrance Magnifique de Lancôme, composée notamment de l’essence de nagarmotha, encore jamais utilisée dans un parfum féminin jusqu’à présent. Un atelier découverte animé par le maître parfumeur Olivier Cresp* (également créateur du célèbre Angel de Thierry mugler) sur l’une des plus belles terrasses des Champs-Elysées. Un instant unique puisque Magnifique qui s’est illustré sur le web par un premier aperçu backstage « far web » signé Benjamin Boccas.

Après ce pré-lancement buzz sur les blogs, le grand public pourra enfin découvrir ce nouveau féminin atypique de chez Lancôme, d’un magnifique rouge saphir, dont l’égérie n’est autre qu’Anne hathaway ; en effet, le lancement prestigieux aura lieu ce soir à l’hôtel Rodin, révélera la publicité en direct sur M6 à 22h15, dans une scénographie aquatique qui parait-il est somptueuse…La suite bientôt sur Buzz2luxe !

Le luxe déploie ses charmes dans ses boutiques sur Internet

Vendredi 30 mai 2008

A l’occasion de la deuxième convention d’e-business à Genève, les spécialistes du commerce sur la Toile ont échangé leurs expériences et astuces. Voir le rapport d’activité sur La tribune de Genève

Le triple jeu annonceur, agence et blogueur dans le secteur Luxe, par Stéphane Galienni

Jeudi 31 janvier 2008

Entretien avec Stéphane Galienni, directeur associé de l’agence Balistik*art, pour le blog Cosméo Blog. Parcours atypique d’un artiste communiquant.

Comment es-tu devenu « créateur de buzz » pour des marques ?

J’ai un profil atypique de communiquant, car le « buzz » a toujours fait partie de ma culture en tant qu’artiste. Après une maîtrise en Art & Communication à la Sorbonne, j’ai débuté en 1998 comme illustrateur chez Publicis, puis comme directeur artistique. A la bonne école, formé par le brillant Eric B. aka Darkplanneur, j’ai appris les grands principes du métier de créatif mais surtout une solide culture publicitaire. En 2003, je quitte le Groupe pour revenir à mes activités artistiques, notamment la peinture. Fourmillant de projets et de rencontres, je navigue entre commandes publicitaires et artistiques, notamment aux côtés d’Alexandre Very et d’Emmanuel Vivier, avec qui nous formons le trio fondateur du portail Culture Buzz.

Je réalise par la suite de nombreuses campagnes « buzz » pour de petites et grandes agences parisiennes, de 2003 à 2007, avec toujours à l’esprit l’envie de créer, d’innover. Hors agence, je travaille directement pour l’industrie du luxe qui cherche ses repères sur le net. D’abord sur le concept viral de lancement pour Terre d’Hermès, puis sur Fleur du Mâle de Jean-Paul Gaultier, et enfin Trésor de Lancôme. Je conseille d’ailleurs actuellement davantage d’annonceurs du secteur luxe, culturellement et traditionnellement habitués à collaborer avec des artistes.

Comment as-tu découvert Second Life ?

J’ai découvert Second Life comme tout le monde, mais un tout petit peu avant tout le monde ! J’ai ouvert un compte en 2005 mais j’ai commencé à m’y intéresser vraiment en septembre 2006, avec l’implantation de Dior. Curieux d’y remettre les pieds, j’ai découvert un monde passionnant, révolutionnaire, étonnement créatif, et plein de possibilités !

Contrairement à beaucoup de mes confrères blogueurs, je pense que Second Life est un phénomène de fond, dont la courbe d’adoption est relativement longue sur le média Internet. La découverte du phénomène en cette année 2007 n’est que la conséquence du dépassement d’un « tipping point », un point de bascule qui assure maintenant son rythme de croisière …L’avenir de Second Life est résolument le développement de nouvelles expériences d’immersions dans le média Internet, donc porteur d’avenir. Et si le web 3.0 était un web en 3D participatif ?

Tes deux dernières opérations dont j’ai connaissance, Fleur du Mâle et Trésor sont très différentes : Second Life est le coeur du dispositif de la première, et davantage un relais pour la seconde…

Picasso disait « ne jamais faire deux fois la même chose »…De la même manière, j’ai toujours conçu des campagnes comme des pièces uniques et sur mesure. Or, l’avantage avec le monde du luxe et du parfum, c’est qu’il y a toujours une histoire à raconter. Chaque proposition scénaristique selon moi doit être propre à l’ADN de la marque, évocatrice de son sens caché, du message inconscient qu’elle délivre. Un ré-enchantement permanent.

L’éclosion de fleurs virtuelles sur Second Life au premier jour du printemps pour Fleur du Mâle est une proposition poétique et surréaliste, redoublant d’efficacité marketing en terme de sens et de visibilité. Mais si Second Life est l’épicentre de la campagne buzz, la stratégie d’approche RP et de propagation virale a été orchestrée à l’extérieur du monde virtuel : le choix ou «casting» des influents a été déterminant sur cette campagne car il fallait sélectionner des blogueurs a priori prescripteurs du créateur Jean-Paul Gaultier mais qui, en plus, étaient visiteurs occasionnels ou résidents assidus de Second Life. Après le happening virtuel, il faut savoir qu’une soirée privée a eu lieu dans la vraie vie, à la Maison Blanche, où les influents se sont vus offrir de vraies roses blanches ainsi qu’un flacon 75 ml du parfum. Sur les 30 influents sélectionnés, 28 ont acceptés l’invitation et sont venus sur Second Life. Avec un taux de retour à 98% d’avis neutre ou positif sur les 120 blogs monitorés, on peut considérer que l’approche qualitative est bien payante.

Il faut donc comprendre que l’implantation d’une campagne sur Second Life doit être transversale à d’autres moyens, comme les blogs par exemple. Pour la révélation de la nouvelle égérie de Trésor, Kate Winslet, il est intéressant de noter l’éventail d’une communication à 360° : tandis que Kate Winslet est révélée à un dîner privé réunissant 180 VIP presse au musée Rodin, une dizaine de VIB (very important blogueurs) assistaient à cette révélation depuis l’Institut Lancôme tandis que 60 autres avatars vivaient l’instant au pied de la tour Eiffel du Paris virtuel, sur Second Life. Trois approches, mais aussi trois publics différents, tous leaders d’opinions dans des environnements reliés à la marque. Le relais du buzz prend aussi quand le dispositif lui-même donne matière à parler.

A quel stade interviens-tu : en amont, pour créer le concept même de l’opération, plus en aval pour contacter les blogueurs et leur faire connaitre l’opération, plus loin encore pour maintenir le buzz… ?

J’interviens à chaque stade, en amont et en aval, mais à des niveaux d’implications différents, où je peux déléguer l’opérationnel à des partenaires compétents. J’ai d’ailleurs ma propre théorie là-dessus, inspiré de mon expérience à mi-chemin entre l’art et la publicité. C’est une forme d’«art balistique » qui consiste à négocier le bon message au bon moment, dans la bonne direction…et à la bonne personne ! Il faut prendre en considération tout un ensemble de paramètres risquant d’interférer ou de perturber le message viral durant sa propagation, en amont.

Dans la pratique, les techniques de marketing viral ou buzz marketing sont devenues tellement standard qu’il faut toujours trouver un angle d’attaque créatif juste – pas trop avant-gardiste ni déjà-vu – pour pérenniser sur un message impactant mais ouvert, permettant de multiples rebondissements.

Qu’est-ce qui t’a amené à accepter ces collaborations ?

L’argent, bien sûr ! Mais pas seulement. Ancien salarié d’agence, puis consultant indépendant et surtout artiste, j’ai aujourd’hui le luxe de choisir mes clients, ou en tout cas de refuser une commande. De ma trentaine confirmée, j’accepte une collaboration si elle me fait découvrir de nouveaux chemins ou de nouveaux défis, comme second life par exemple.

Comment la blogosphère accueille-t-elle ces initiatives de la part des marques ? quelles sont les choses à faire et à ne pas faire sur Second Life ?

Pour Second Life, il n’y a pas de règles, c’est vraiment la conquête d’un monde virtuel avec ses pionniers et ses terres promises…Je ne crois pas à des recettes miracles mais vraiment au cas par cas. Donc je dirais que ce n’est pas Second life qui importe, mais le discours que la marque souhaite y établir. Puis, après une première phase de découverte ouverte par les marques pionnières, les annonceurs vont devoir maintenant s’implanter avec une stratégie long terme, et considérer Second life comme un vrai média plus qu’un gadget RP.

Comment la blogosphère et les fans de Second Life jugent-ils ton rôle ?

Les blogueurs ne me situe plus très bien, je crois ! Artiste-touche-à-tout, buzzer, blogueur, pocketfilmer, performer, consultant…mon blog est devenu un incroyable fourre-tout de mes activités ! En réalisant des happenings virtuels sur Second life, je pense qu’on doit me prendre vraiment pour un extra-terrestre ! De l’autre côté, les puristes de SL me connaissent mais il faudrait que je m’immerge davantage dans ce monde pour devenir leur « ami ». J’ai traversé suffisamment de milieux communautaires pour comprendre les limites du genre, ce qui m’intéresse c’est comprendre l’éco-système d’un groupe social. Je crois que l’artiste a pour rôle d’être un « passeur d’idées », donc à la frontière de beaucoup de communautés !

Y’a-t-il encore une méfiance des blogeurs vis-à-vis des tentatives de séduction des marques ?

La vulgarisation de la pratique buzz génère aujourd’hui de la buzz victim. Les blogueurs prisés par les agences et les annonceurs ne font finalement plus que relayer du buzz ou tester des produits, ce qui devient improductif pour tout le monde. Le triple jeu annonceur-agence-blogueur est en train de se réinventer, notamment par l’événementiel qui redonne la place à l’humain et l’émotion sur la découverte d’un produit ou d’un service. C’est particulièrement valable pour le luxe, où la notion de service et la politique relationnelle prime.

La publicité dans sa globalité est déjà omniprésente alors autant respecter, sur un média qui l’autorise, la relation qui unit une marque et un ensemble de consommateurs appropriés. Avec les blogs, on passe du support au « supporters » de marque.

Je crois surtout que le modèle prédominant en 2008, sera celui de « brand community » avec de nouveau métier comme le « community relation manager » et des nouveaux terrains d’adoption comme facebook, Twitter ou Second Life.
Interview sur Cosmeoblog donné par Stéphane Galienni, artiste et directeur associé de Balistik*art, agence de prospective buzz dédié aux marques de Luxe –

Qu’est-ce que ces opérations de buzz apportent particulièrement aux marques de luxe ?

Si le buzz repose pour beaucoup sur les blogueurs, la blogosphère se divise aujourd’hui en constellations d’affinités. Or, on arrive aujourd’hui a la limite de la pratique avec un nombre croissant de campagnes « buzz » calquées les unes sur les autres et qui participent de surcroît au brouhaha général ! Je crois que le luxe a une histoire différente à raconter, mais par un mode opératoire plus subtil pour une cible qualifiée. C’est en limitant l’accès à son monde et ses secrets que les marques du luxe feront le plus bel effet. Le luxe n’a pas besoin de crier pour se faire entendre. Le luxe est chuchotement.

[Autopromo] De l’écrin à l’écran – Balistik*Art sur Newzy.fr !

Vendredi 21 décembre 2007

Stéphane Galienni, artiste peintre et blogueur bien connu des soirées parisiennes, lance ces jours-ci BALISTIK*ART, son agence dédiée aux stratégies Internet des marques du luxe.

Fort d’une expérience déjà ancienne, Stéphane Galienni, artiste peintre et blogueur, lance ces jours-ci BALISTIK*ART, son agence dédiée aux stratégies Internet des marques du luxe. Il veut inventer pour elles de nouvelles formes de buzz ou d’animation, qui accompagneront le lancement de nouveaux produits, et la valorisation d’univers déjà existants. Avec élégance et finesse, autant que le média le permet.

Partons en effet d’un constat simple : avec le buzz de papa, les agences sont parvenues, en un peu moins de deux ans, à transformer tout internaute un tant soit peu connu, tout blogueur supposé influent, en homme sandwich bêta testeur. De façon subtile, parfois… Mais on n’a pas toujours échappé au syndrome Paris Boum Boum en ligne. Sans forcément que les marques saisissent ce qu’elles avaient gagné au bout du compte dans ces opérations de placement. A part bien sûr la reconnaissance d’heureux élus généreusement dotés.

De telles démarches sont à l’évidence bien éloignées des préoccupations de marques telles que Jean-Paul Gaultier, Lancôme ou Thierry Mugler. Le Luxe évoque d’abord le rêve, le désir… Valeurs qu’on ne promeut pas comme un gadget électronique standard.

Pour autant, les marques du secteur ne dédaignent pas Internet. D’abord parce que leur présence sur le web rajeunit leur cible de façon presque automatique. Mais plus encore, y prendre place leur permet d’entrer en contact direct avec leurs clients, de mieux saisir leurs sensibilités, leurs attentes. Elles y trouvent un feed-back plus authentique que ce qu’apporteraient de traditionnelles réunions conso.

Le vecteur d’un lien pré-existant

Chez Thierry Mugler, on affirme du reste n’avoir pas attendu cet avènement du Web 2.0 pour découvrir cette dimension communautaire. Le parfum Angel existe depuis quinze ans. Toute son histoire s’est construite autour d’une identification forte entre la marque et ses adeptes. Delphine Waysse, directrice du marketing France, définit cette dimension relationnelle, comme l’ADN de la marque. La rencontre avec ses nouveaux consommateurs s’apparente, dit-elle, à un parcours d’initiation. De sorte qu’avec le lancement de la plateforme « Blogalaxy », où les inconditionnels de la marque expriment, sur invitation, leur passion, il n’est pas question de bâtir une relation artificielle. Internet n’est qu’un vecteur parmi d’autres d’un lien pré-existant, puissant et ancien.

Bâtir une telle relation d’affinité n’est donc pas chose aisée. Il faut à la fois surprendre, innover, sortir des sentiers battus, sans remettre en cause les valeurs de la marque. A cet égard, Galienni mise beaucoup sur Second Life. Sa sensibilité d’artiste l’y conduit assez naturellement : l’univers virtuel lui semble un lieu rêvé pour lancer des événements oniriques, poétiques, créatifs, propres à valoriser l’univers d’une marque. Ainsi, au printemps, il avait accompagné le lancement de Fleur du Mâle (parfum pour hommes de J-P Gaultier) d’une éclosion magique de fleurs blanches, où quelques privilégiés (plutôt leurs avatars) étaient conviés. L’expérience frappa les imaginations. Reste à reproduire de tels impacts avec de nouvelles marques, et donc convaincre que Second Life n’est pas qu’un feu de paille.

Ces jours-ci, le parfum s’associe sur le web au groupe néo folk Hey Hey My My. On y diffuse un show case exclusif, où les internautes intégrés dans la communauté peuvent goûter quelques morceaux de leur répertoire.

Galienni croit que le maître mot des temps à venir sur le web, sera « story telling ». Inventer des histoires, créer des environnements oniriques, qui mettront en relief les valeurs du produit. La com’ deviendra en somme l’écrin du bijou, une interface de créativité pour le magnifier.

Reste que l’exercice n’est pas simple. L’expérience du luxe est par définition pluri sensorielle, les cinq sens en éveil. Sauf que l’ADSL et la fibre optique ignorent tout des sensations olfactives, tactiles et gustatives. Internet demeure un média froid, tout ou presque passe par l’ouïe et la vue. Le prolongement des campagnes dans le monde réel s’impose donc de façon évidente. Voilà qui redonne toutes ses chances à l’événementiel, aux vraies rencontres. Internet crée du lien, mais trouve ici une vertu off line : il vous pousse à éteindre le computer, pour goûter de vraies sensations, dans la vraie vie. Sortir, respirer, sentir, goûter, toucher. Joyeux Noël, éteignons les ordis !

Plus sur le web :
http://blogalaxy.thierrymugler.com/