En mai dernier, Kidult, Hacker de luxe envoyait son message vidéo-manifesto à destination de sa cible, sans équivoque : « Dans une culture subventionnée où le Street art est devenue la dernière lubie, plusieurs marques de luxe utilise le graffiti comme faire valoir, en méprisant cette culture. J’ai donc décidé de leur donner ce que ces marques aiment tant… ».
Le vengeur au crâne masqué signe ses méfaits en lettres géantes sur les façades des boutiques parisiennes à coups de Karcher - Traditionnellement utilisé pour nettoyer les graffitis - avant de diffuser la vidéo de l’attentat artistique en ligne. Depuis janvier 2011, on dénombre trois premières victimes : Agnès B, JCDC et Colette, des enseignes en lien étroit avec les artistes du mouvement street-art Parisien. Après l’affaire du logo Chanel liquidifié par Zevs sur une boutique Armani à Hong Kong, les maisons de luxe ont leur nouvel ennemi public N°1.
Art ou Vandalisme ? Question d’opinion : d’un côté, les marques de luxe s’approprient les codes de la Street Culture, de l’autre, L’artiste défend son territoire d’expression et revendique des attentats artistiques sur la toile. Coup pour coup. « Il faut rendre à César ce qui appartient à césar » introduit-il dans sa dernière vidéo-attentat diffusé à la mi-août, ayant cette fois pour cible Kenzo Flower Tag, à voir ci-dessous :
La croisade de Kidult ne fait que commencer. Car à y regarder de plus près, la Street Culture devient un nouveau code de luxe. Sneakers griffés luxe, collaboration avec des artistes urbains ( Fafi pour mac Cosmetics, André pour Belvedere Vodka…), Typo Graffiti ou Logo-Tag font leurs apparitions sur les packaging et les produits de luxe. Voir quelques exemples sur ma planche tendance Tumblr.
Il s’agit également pour les groupe de luxe de démocratiser leurs marques et produits auprès des jeunes urbains issues de la génération Y, nouveau consommateurs de luxe (voir dernière étude Ipsos juin 2011) attirés par la dimension transgressive et/ou subversive de la marque qu’ils consomment.
Seulement voilà, la génération Kidult – et son Robin des bois – montre un nouveau comportement hyper-réactif aux messages envoyés par les marques. On passe de l’effet miroir à l’effet Boomerang 2.0 (Voir aussi l’affaire du Logo Gap, la nouvelle mascotte de Malabar, pour ne citer qu’eux) quand l’identification sociale des consommateurs à la marque est rompue.
Chanel et Colette ouvriront une boutique éphémère de 200m2, du 1er au 10 mars 2011. Installée dans un ancien garage relooké au 336-340, rue Saint-Honoré, cette rencontre inédite sera sans aucun doute le rendez-vous arty de la fashion Week à Paris.
Un haut-lieu mixant mode, arts plastiques et graphiques et objets iconoclastes : sélection de livres provenant de la librairie de Karl Lagerfeld 7L, customisation de sacs Chanel par Fafi, SoMe ou André, bijoux signés Yazbukey, Nail bar Chanel et cupcakes de Chez Bogato…Une sélection de pièces prêt-à-porter Chanel printemps-été 2011 sera également présentée aux côtés de jeunes créateurs soigneusement sélectionnés par Colette.
Tommy Hilfiger dévoile sa nouvelle collection Capsule créée en collaboration avec la fondation Keith Haring. Proposée dans le concept store parisien Colette depuis hier, cette collection footwear en édition limitée se compose de baskets et de bottes de pluie ornés des oeuvres de Keith Haring pour les enfants, les femmes et les hommes, de 49 € à 99 €.
André et son petit personnage shadokien Mr A., qui a enchanté nos murs parisiens avec ses «Love Graffiti», est devenu une icône emblématique de la Hype parisienne. Presque comme un logo, on le retrouve décliné en Nabaztag, Sticker d’intérieur, bearbrick, ou encore plus flamboyant, sur le dos nu de sa femme Uffie. Porté par son réseau d’influence, de Colette à la Clique, le petit personnage s’est aussi bien exporté à l’étranger, de New York à Tokyo. Car André, c’est aussi un Golden Boy.
Jusqu’au 27 février, André récidive chez Colette, mais avec une exposition « drawings » qui fait découvrir un travail plus personnel et intime, loin de toute commercialisation de l’art. Cette série est inspirée par l’imagerie de l’amour psychédélique des années 60’s et 70’s, mélangé au souvenir qu’il a des bandes dessinées qu’il lisait petit. Dans le monde d’André, ses dessins sont une sorte de monnaie, comme des billets doux pour s’échanger l’amour.
Le concept-store Colette étale en vitrine l’univers monstrueusement cool du prochain film de Spike Jonze Where the wild things are avec des produits dérivés en série limitée pour séduire les grands enfants qui sommeillent en nous : robe à fourrure, bearbricks, CD, livre, bijou, planche de skate. A découvrir chez Colette juqu’au 17 octobre prochain.
Pour les puristes, vous devez savoir que Spike Jonze affectionne particulièrement l’univers du skateboard, et vous vous rappelez certainement de son clip explosif Fully Flared réalisé en slow motion pour le compte de Lakai, sur une bande son de Unkle. Ce n’est donc pas tant un hasard si les 7 monstres de Where the wild things areont été révélés sur des planches de skate collector récemment. La bonne nouvelle, c’est que Warner Bros organise un concours pour gagner l’une d’entre elle, ainsi qu’une paire de skateshoes Lakai. Il est encore possible de tenter votre chance cette semaine sur les blogs respectifs de Fubiz, Matérialiste, Miss selector, Blog Art Déco, Joyana, 3 Girls in paris, En Mode fashion et Shibo.
Après Dans la peau de John Malkovich et Adaptation, Where the wild things are est le troisième long métrage de Spike Jonze, sortie en salle le 16 décembre prochain, et dont voici la bande annonce. Adapté du livre de Maurice Sendak, Where the wild things are ou Max et les maximonstres pour la version française, raconte les aventures de Max, un petit garçon qui, après avoir été congédié dans sa chambre, s’évade vers un monde imaginaire peuplé de créatures étranges et poilues, les maximonstres. Propulsé sur une île mystérieuse, il est bientôt proclamé roi des maximonstres, et découvre vite que les choses ne sont pas forcément plus faciles dans ce monde rêvé que dans la réalité. L’enfance à l’état sauvage raconté par Spike Jonze promet un beau moment de cinéma.
Le 08 mars 2009, c’était la journée de la femme. Le lendemain – lundi 09 mars 2009 – c’était le 50ème anniversaire de Barbie, femme-objet et top model de 29 centimètres de haut, aux jambes interminables et à la poitrine rebondie, toujours aussi belle et jeune, même si elle n’a plus 20 ans. Ironie de l’époque ou hasard de calendrier ?
Barbie est plus qu’un jouet, elle est devenue un canon de beauté féminin, adulée par plusieurs millions de fans à travers le monde avec aussi ses détracteurs féministes, qui fustigent l’objet en poupée vaudou dangereuse, favorisant le sexisme et l’anorexisme auprès des jeunes générations.
L’industrie de la mode, elle, a fait de Barbie son égérie, sa muse, son jouet porte-bonheur et porte-manteau. Début avril, vous pourrez découvrir au premier étage des galeries lafayette cinquante tenues dessinées par les plus grands noms de la mode tels que Sonia Rykiel, Christian Lacroix, Chantal Thomass Jean-Charles De Castelbajac, Karl Lagarfeld. Le Concept-store Colette met en scène l’univers de la poupée avec une collection de vêtements en édition limitée inventée par le créateur américain Jeremy Scott. Karl Lagerfeld y exposera une série de photos où Barbie grandeur nature pose au bras d’un jeune homme mi-Ken, mi Karl.
Mais loin du système paillette et de la controverse que suscitent la Barbie, je mes suis davantage attardé au travail de l’artiste Jocelyne Grivaud et son concept Barbiemuse (découvert via Tendance-parisienne), qui échappe au temps, aux premières rides des 5O ans. Un remake des grands tableaux de maîtres allant de Veermer à Otto dix en passant par Man Ray, elle compose au sens propre comme au figuré, un véritable travail d’art plastique. Son projet m’a bien plu, et montre que Barbie inspire aussi les artistes. Et c’est déjà pas mal.
En août 2007, Damien Hirst est devenu l’artiste vivant le plus cher au monde avec « For The Love Of God » (« Pour l’Amour de Dieu »), copie en platine d’un crâne du 18e siècle, parsemée de 8.601 diamants. Elle a été vendue 100 millions de dollars (74 millions d’euros). On retrouve ce même crâne déclinée en série limitée pour Levi’s chez Colette, en imprimé, et l’oeuvre n’a pas vraiment terminé de faire parler d’elle. Au contraire, elle génère des commentaires d’un nouveau genre, une véritable expérience en ligne imaginé par le Rijskmuseum d’Amsterdam, qui expose la dite oeuvre jusqu’au 15 décembre 2008.
En effet, Universe of Opinions est une galerie interactive qui propose d’écouter les commentaires des visiteurs du Rijskmuseum presque en temps réel, avec un procédé innovant, ludique et interactif : les spectateurs sont filmés via une webcam à la manière de seesmic, avec un travail de traitement graphique assez amusant, comme vous pouvez le voir sur le site dédié.
Un bon exemple de marketing culturel 2.0 qui dépoussière un peu l’image conservatrice des institutions muséales. D’ailleurs, à l’heure où j’écris ce billet, Influencia organise une conférence prospective sur le sujet, à suivre sur leur blog.
Après avoir lancé une grande campagne Come back pour le 501 Live Unbuttoned Levi’s lance une édition limitée en exclusivité chez Colette. La marque s’est associée avec le nouveau pape du pop, Damien Hirst, qui continue de poursuivre son art d’affaires après son indécente vente chez Sotheby’s. Vous aviez raté cette (sur)enchère ? Séance de rattrapage chez Colette donc, avec des T-shirt estampillés crâne coloré pour snober la crise, avec tout de même quatre modèle 501 vendus 15 000 euros pièce. On trouvera également un modèle très précieux du 501 Gold edition, avec les boutons en or de 24 carats, pour vivre unbuttoned et en plus faire bling bling. Quand on pense que, historiquement, le jean était le bleu des ouvriers américains, ça calme.
Le sac pliage chez longchamp, c’est un peu comme le carré de soie chez Hermès. Un classique. Toujours est il que Longchamp se redore le blason avec l’iconoclaste provocateur de mode Jeremy Scott, qui revisite le fameux sac, une fois n’est pas coutume. Au nom de la mode, de l’art ou du marketing (ou au nom de la trilogie gagnante ?) voici la nouvelle interprétation du sac pliage de Jeremy Scott, le sac carte Gold en vente exclusivement chez Colette. Le must c’est de le payer en cash ou de braquer une banque avec. Trêve d’ironie, l’objet du délit répond parfaitement à la culture bling bling ambiante du moment, c’est à dire l’apologie d’une consommation de luxe avec un zeste de subversif. Trop vu, trop prévisible, exhiber des signes de richesses extérieures n’est-ce pas là le vrai plaisir de luxe du pauvre ? En tous cas, on est déçu de voir que la créativité peu s’acheter au rabais. Affaire plié.
NB : dans le même esprit, le portefeuille Dollars de Margiela, qui a au moins le mérite d’être vraiment conceptuel, et surtout drôle.
L’artiste pop et directrice artistique japonaise Nagi Noda s’est inspiré de l’art bestiaire pour créer 15 pièces uniques, des bonnets de cheveux : Lion, lapin, girafe…Des oeuvres originales exposées récemment à Tokyo. Ces créations sauvages accompagneront en tête la prochaine tournée de Björk avant de se retrouver en cage chez Colette, au mois de septembre prochain.