On a beaucoup parlé du coup d’éclat buzz de Lanvin avec sa danse disruptive, où la Ghetto-Bourgeoisie se libère au contact de la rue. Chez Prada, on fricote pas aussi finalement avec le populaire, même si l’un dans l’autre, on rejoint la même idée : la fracture sociale entre le consommateur éduqué et le nouveau consommateur parvenu, se rejoignent dans cette culture du People-Nightclubbing. Pour conclure cette semaine thématique Danse2luxe, je terminerais par mon spot favori, Prada Candy, moins vu ou commenté, mais largement plus excitant, à mon sens. De La leçon de piano à La pianiste, l’archétype de la jeune fille de bonne famille porte la frange à la Louise Bourgeoise des années 30, fille de gangsters, tonitruante à souhait comme dans un film de Quentin Tarantino. Du burlesque coquin pour perturber l’éducation strict de la jeune fille des quartiers chics ? Et si le loubard, peu éduqué, très violent, plein d’argent et toujours en cavale n’était pas l’idéal cavalier de la nouvelle jeune femme Prada ? Bonnie and Clyde…
Territoire jusqu’à présent préempté par Repetto, le 6ème art inspire le 7ème art et semble être un nouveau champ exploratoire pour les maisons de luxe. La danse, à mi-chemin entre l’art majeur et le divertissement populaire permet aux marques de réaliser avec grâce, le grand écart qui l’oblige à rester proche de l’élitisme bourgeois, tout en divertissant le grand public qu’il faut mobiliser avec des contenus, des histoires et de nouveaux héros.
A chacun son tempo, à chaque marque sa stratégie. Variation autour d’un même thème, voici les 5 campagnes lancés cette semaine qui annoncent l’orientation Brand Culture de la rentrée, une grande valse de luxe où le choix de l’égérie reste primordial : tendance Black Swan ou Cygne Blanc ?
1. L’homme libre de Yves-Saint-Laurent : Le Street-Breaker Freestyle
Signes des temps ou stratégie de storytelling rondement menée , Benjamin Millepied, chorégraphe du film événement Black Swan et fiancée de Nathalie Portman dans la vraie vie, incarne L’homme Libre, la troisième facette olfactive de L’homme par Yves Saint Laurent. Il succède ainsi au séducteur Vincent Cassel pour La Nuit de L’Homme, la version Black Swan de la marque.
Tout juste diffusé sur Youtube, le spot TV réalisé par Alejandro González Iñárritu (21 grammes, Babel) présente l’homme libre comme le nouveau Yuppie ou Young Urban Professionnal, un terme qui définit les jeunes cadres et ingénieurs de haut niveaux, évoluant dans les milieux de la haute finance et habitant le cœur des grandes capitales occidentales. L’action se déroule à New-York, ville de toutes les libertés, qui à vu naître dans les années soixante-dix la culture Break-dance dont YSL semble avoir été inspiré.
Pour activer sa communauté de 106,000 fans sur sa page officielle Facebook, la marque propose un challenge créatif en surfant sur la nouvelle vague Instagram : les everynautes (internautes, mobinautes, fans, followers) sont invités à partager leurs photos autour du thème de la liberté, en utilisant le hashtag #breakfree. Un levier efficace pour toucher le coeur de cible des jeunes urbains créatifs en générant du User Generated Content qualitatif.
2. Kokorico de Jean-Paul Gaultier : un nouveau Mâle, fier comme un coq.
Jean Paul Gaultier lance son nouveau « Mâle » incarné par Jon Kortajarena et filmé par Jean-Baptiste Mondino. Fier comme un coq, beau comme un Elvis, L’homme Kokorico danse le Flamenco et sent fort le cacao. Une poussée de testostérones bien latine dans la tradition Populo-chic du couturier, sortie tout droit d’une émission de télé-réalité. Ce piège à filles sera sûrement le Black Swan des dancefloors à éviter. Rien d’autre d’intéressant à signaler, sinon que le jeune coq va devoir affronter sur le ring international, le champion poid lourd actuel : One Million, de Paco Rabanne.
Prada Parfum Candy : Une leçon de piano qui dégénère ?
Au pays de Candy, tout le monde il est beau, il est gentil ? Chez Prada, la fille de bonne famille est incarnée par l’actrice française Léa Seydoux, dans ce spot signé Jean Paul Goude. La jeune bourgeoise s’ennuie pendant sa leçon particulière de piano et aimerait bien que son maître lui tape sur les doigts. Court moment d’évasion pour cette « Belle de jour, Belle de nuit » contemporaine qui provoque son mentor pour l’initier à l’Apache, une danse burlesque inspirée par un gang parisien des années 30. Une chorégraphie qui simule une scène de dispute entre un maquereau avec l’une de ses prostituées. L’homme feint de brutaliser sa partenaire, de la frapper ou de la jeter au sol, mais celle-ci doit se rebeller dans ce petit jeu de jambe. le tout sur une musique qui vient rythmer ce cours particulier : Runnin’ Wild, une chanson interprétée par Marylin Monroe dans Certains l’aiment chaud. Mon favorisur cette liste, avec l’exemple qui suit.
4. Lanvin et le Reggaeton : Danse disruptive et jouissive
Petit déhanchement, gros buzz. Avec la danse Reggaeton de Lanvin, la marque gagne du point Klout sur sa e-réputation digitale. Totalement jouissif, la marque se débride pour notre plus grand plaisir. Les mannequins de la marqe Racquel Zimmerman, Karen Elson et son directeur artistique Albert Elbaz dansent en rythme sur I Know You Want Me signé Pitbull qui comptabilise plus de 100.000 vues depuis sa diffusion Youtube, samedi dernier. Largement partagé sur la toile, je vous invite à lire les billets de @darkplanneur : Lanvin dit fuck à la morisité ambiante et de @adtimes : Assisterait-on à une mutation du Luxe publicitaire ?
5. Chanel Shade Parade : Le Grand Cabaret-Boudoir version Youtube
Après le premier Opus Chanel Make-up Robot sous la direction de Peter Philipps, voici Chanel Shade Parade publié aujourd’hui sur Youtube. Le spectacle boudoir-cabaret avec ses jolies jambes, une belle idée pour starifier et promouvoir la nouvelle collection Make-Up : Dragon, Black pearl, Inattendu, Particulière, Orange Fizz… La danse jusqu’au bout des doigts pour Chanel, avec une gamme de couleurs que l’on découvre au générique de fin. Un air de déjà vu tout de même, avec la reprise du code « fingerfilm » largement utilisé par les internautes broadcasters sur Youtube et déjà exploité par Hermès avec Take a ride, dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet
Branché le iPhone, ou bien ? Voici en tous cas le nouveau Prada II by LG, avec affichage tactile et clavier coulissant, accompagné d’un accessoire Bluetooh, la montre Prada Link, qui permet de récupérer les messages écrits et l’état des appels sur son cellulaire. Pour 600 € le cellulaire, livré avec étui en cuir et écouteur estampillé maison, il faudra aligner 300 € de plus pour la montre bluetooth.
Après la licence de parfum et le petit accessoire de maroquinerie de luxe, le co-branding mobile offre des opportunités pour l’industrie du luxe, à bien des égards : elle s’ouvre davantage sur le marché intermédiaire tout en touchant (certainement) une nouvelle clientèle technophile et mobinaute. Et, en plus de moderniser son image, elle peut également offrir des contenus mobiles à télécharger sur le web, via un site dédié au produit.
La cendrillon des temps moderne : renversant. Posté le 24 septembre sur Youtube, la vidéo comptabilise déjà 180 000 visionnages. Juste pour montrer que malheureusement, le film viral de luxe peut aussi ressembler à du vidéo gag.
Rappelez-vous de ce petit bijou d’animation Trembled Bossom présenté à la Fashion week en février dernier dont nous avions parlé sur buzz2luxe. Toujours cohérent saison après saison, Fallen Shadows – toujours réalisé par James Lima – est le nouveau court métrage d’animation pour la collection automne 2008 de Prada, projeté le 10 septembre à New York pour une poignée de Happy Few.
Fallen Shadows met en scène une femme poursuivie par son ombre, image de notre subconscient, sur une bande son de Anthony Hegarty & The jonhson. Une ballade surréaliste en hommage empruntée à l’art de Buñuel ou de Dali, en passant par Duchamp et Escher. Voir ce film d’animation sur le site Prada.
Je viens de terminer Luxe & Co, comment les marques ont tués le luxe ? de Dana Thomas (titre en VO : Deluxe : How luxury lost its lust NDRL), un ouvrage passionnant qui se lit d’une traite si votre mois d’Août se finit à l’ombre de l’olivier. Pourquoi un sac à main fabriqué pour 100 dollars est-il vendu dans une boutique de Manhattan 2000 dollars ? Malgré son format Pavé (la tranche doit faire 7 cm pour 380 pages) Luxe & co n’est pas exactement un pamphlet anti-marque à la No Logo* mais plutôt un voyage fantastique au coeur d’une industrie qui évolue avec la mondialisation, visant les nouveaux marchés et les marchés intermédiaires. Trois ans d’enquête dans les coulisses de l’industrie du luxe pour mieux décrypter son éco-système de marques, les stratégies menées par les grands groupes LVMH, PRADA & CO dans leurs conquêtes des nouveaux territoires du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) et une analyse approfondie du grand écart toujours plus grand entre luxe de masse et ultraluxe. Un regard nostalgique sur les origines du luxe teinté de lucidité contemporaine, avec des chiffres et des statistiques, révélateurs de son évolution. Tout ça pour seulement 22,80 €. Ci dessous, quelques citations de presse :
« Délicieux si vous connaissez tout du secteur, fascinant si vous n’en connaissez rien. Un livre captivant que l’on ne peut pas lâcher. » The Washington Post
« Aujourd’hui, l’économie du luxe illustre ce qu’est la globalisation, le capitalisme triomphant et l’uniformisation de la culture. Dana Thomas a écrit un livre rare et précieux sur une industrie qui a perdu de son éclat. »
Newsweek.
Après « Trembled Blossoms » un petit bijou d’animation de 4 minutes signé James Lima diffusé pendant la fashion week de New York en février dernier – et sur buzz2luxe ! – Prada pousuit son élan vers le 7ème art.
Pour le lancement de son nouveau jus, Infusion d’homme, la marque italienne a demandé à 9 jeunes réalisateurs issus des plus grandes écoles de cinéma du monde d’interpréter l’esprit du parfum masculin sur un format court, d’environ 3 minutes chacun. Ce projet a été coordonné par Piedro Scala qui a déjà remporté deux Oscars (Oliver Stone pour JFK en 1992 et Ridley Scott pour Black Hawn Down). Ces films accompagnaient le défilé homme été 2009, le 22 juin dernier à Milan, d’après communiqué. Elles peuvent être visionnées sur Prada.com en plein écran et sont également diffusées dans les boutiques de la marque italienne.
Parmi les réalisateurs, on retrouve le Français Cyril Guyot avec le film To Myself, l’histoire d’un jeune homme ému par un flocon de neige en plein été ou encore un clip bollywood sublime dirigé par l’indien Naresh Sharma.
Pour ceux qui n’auront pas le temps, j’ai trouvé sur Youtube le film Work in Progress de l’argentin Juan ignazio Aluz, assez métaphysique et avec un dynamisme propre à l’écriture web. Un beau projet avec des intentions très différentes d’un film à l’autre.
Un court métrage d’animation de 4 minutes signé James Lima pour Prada, Trembled Bossom, à été présenté au magasin Epicentre du quartier de Soho, à l’occasion de la semaine de la mode à New York. Un film d’animation destiné aux possesseurs d’iPods et de téléphones Prada. Luxe, art et nouveaux médias, le nouveau trio gagnant pour viraliser un message sur les communautés influentes ?
On dirait un tableau d’Edward Hooper ou encore le screenshot d’une boutique virtuelle Prada sur second life. La stratégie du « Story Telling » ou partir de rien pour raconter une nouvelle histoire, voilà une grande tendance du luxe 2008. Prada inaugure ce chemin de la rencontre vers l’improbable, en ouvrant un Store sur une route déserte du texas…au beau milieu de nulle part !
Le Road Trip comme expérience ultime du shopping luxe ?