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LVQR : Peut-on rendre iconique un animal de marque ?

Vendredi 4 novembre 2011

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Certains animaux, nobles ou puissants, sont intiment liés à la symbolique de communication des maisons de luxe : Le cheval d’Hermès comme étendard de la tradition du luxe à la française, Le lion solaire si cher à Chanel ou encore la panthère mythique chez Cartier, pour ne citer que ces trois exemples. Mais que dire de l’animal sans histoire, qui broute l’herbe et regarde passer le train ? Autrement dit, peut-on faire de la vache une icône pop arty ?

C’est le pari plutôt réussi pour LVQR, l’anagramme branché et contemporain de La vache qui rit, qui célèbre cette année ses 90 ans. L’occasion pour la marque trans-générationnelle de revendiquer son statut d’icône pop.

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Nouveau design, film teaser commenté par JCDC, blog événementiel autour de la célébration, partenariat et contest créatif avec designboom, co-création avec des grands noms du design contemporain international et pour finir, une soirée à la Gaîtée Lyrique le 15 novembre prochain. A suivre…

Du Cavalier Noir d’Hermès à l’Habit Rouge de Guerlain : Le cheval, meilleur ami du luxe ?

Lundi 24 octobre 2011

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Le consommateur de luxe est un animal social : grand fauve à l’affût des tendances de mode ou chat domestique chouchouté par son indispensable Serial Shopper ? Comment les maisons de luxe nous transmettent leurs valeurs autour du mythe animal ? L’homme peut-il revenir à l’état sauvage malgré son éducation de luxe ? Première réflexion autour du cheval, que l’on retrouve dans l’ADN de la maison Hermès et son dernier film « cavalier noir » ainsi que dans la nouvelle publicité Habit Rouge de Guerlain réalisé par Steven Klein. Le tout décrypté par mon ami Philippe Noël, consultant passionné d’équitation et auteur de Hyppoblog, un blog dédié à ce sport d’élite.

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« We are animals » Nous sommes des animaux, nous dit la publicité Wrangler. Soit. Mais pas n’importe lesquels. Chacun cherche son chat. Et il y a des stars dans le bestiaire, qui représentent les valeurs qui font de nous les Hommes que nous rêvons d’être – puissance, beauté, liberté. Depuis la mythologie jusqu’aux images d’Épinal de notre enfance, ces animaux-là collent à nos inconscients : Loups, Lions, Panthères, Renard, Aigle…Rarement des écureuils ou des poussins. Rarement des herbivores, à deux exceptions près, l’éléphant oriental et le cheval universel.

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Car les chevaux ont ceci de particulier : ils constituent un lien direct entre la nature et la culture. Pégase, Centaure, guerrier, transporteur, artiste de scène, ouvrier, champion, ami, le cheval fait partie de nous – chacun de nous, et nous tous réunis. Inscrit dans nos mémoires il intègre l’histoire, gravé dans nos cœurs il reste notre liberté la plus proche. Le cheval est un héros. Mais pas un super héros. C’est un animal. Il entretient le luxe de la simplicité.

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La plus belle conquête de l’Homme est aussi celle de quelques marques, qui la plupart du temps mêlent histoire, prestige, imagination, savoir-faire et idéal. Hermès d’abord, qui a fait du cheval son étendard. Histoire fusionnelle d’un sellier amoureux de ses montures, que la maison du Faubourg Saint-Honoré a su préserver. Aujourd’hui encore le voyage se fait à cheval…

Le cavalier noir d’Hermès : une femme, un cheval, une entreprise

À cheval, inutile d’aller loin pour voyager. La distance se trouve ailleurs. Dans la grâce. Une autre fusion, celle du couple. Un cheval, une femme – qui coiffe, qui brosse, qui caresse. 80% des cavaliers sont des cavalières. Hermès ne l’oublie pas. Ton sur ton, noir sur noir, les éléments s’emboîtent (esthétique érotique et chevaux faisant toujours bon ménage). Détails du cuir, gestes techniques, culture du travail. Le cheval c’est l’entreprise, Hermès c’est le cheval. Culture et nature, donc.

Habit Rouge de Guerlain : un homme, un cheval, une rencontre

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Paradigme que l’on retrouve inversé dans ce nouveau spot pour le parfum Habit Rouge – que Jean-Paul Guerlain, passionné d’équitation, créa en 1965 pour « rendre hommage aux cavaliers en habit rouge ».

La séduction est une force. L’homme affronte le cheval fascinant de puissance, puis gagne sa confiance. Du rapport de force naît la force. Du sombre surgit la lumière – ici tout est blanc même le noir. Homme et animal se croisent dans la nuit qui devient jour. Lumière qui éclaire le miroir. Beautés comparées. À l’horizon, le rouge, le cavalier, la maîtrise.

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Quand la femme Hermès domine avant d’affronter, l’homme Guerlain doit affronter pour dominer. Nature et culture, donc. Le lien se fait sauvage, viril. L’homme n’est pas encore cavalier, mais il y travaille. Le cheval ce sera lui, alors il sera Guerlain.

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Ainsi le cheval reste le plus beau paradoxe animal. Masculin et féminin, simple et sophistiqué, fort et doux, debout et dressé. Luxe de l’équidistance entre le rêve et la réalité, entre l’instinct et la raison, entre la civilisation et la liberté…

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La campagne Wrangler propose un retour à notre propre animalité – primitive, brute, sans modèle et a priori sans but. Le cheval, lui, ne représentera jamais un retour à quoi que ce soit puisqu’il est notre progrès – avant lui nous marchions (même si depuis on a inventé la Porsche Cayenne). Hermès ou Guerlain nous offrent donc une autre option, celle d’une nature animale moins brutale, plus civilisée. Un autre rapport à nos origines. Une source moins lointaine, donc plus accessible. Le retour à un présent qui vit depuis toujours dans notre mémoire. Et comme il est plus simple de remonter un cheval que le temps…

Texte de Philippe Noël, consultant et auteur de Hyppoblog à découvrir ici

China Connect Part I : Cibler juste dans l’empire du milieu…

Mercredi 29 juin 2011

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China connect :  les stars de l’internet chinois réunis à Paris

China Connect, c’est un peu la grandes messe à la « LeWeb » en devenir, mais dans sa version chinoise et avec la modestie d’une première édition. Il n’empêche que sa fondatrice Laure de Carayon a réussi le pari de rassembler dans la même salle les stars de l’internet chinois, tel un Jeff Kwek, responsable développement du géantissime Tencent, Thomas Crampton du blog éponyme, ou encore David Liu, CEO de Jiepang, le foursquare chinois.

Une première manifestation européenne autour d’un programme intense, en partenariat avec Stratégies magazine, le club des annonceurs et l’IAB entre autres, qui s’est déroulé sur deux jours de conférences à la maison de chine à Paris, le 16 et 17 juin dernier, et qu’on pourrait résumer ainsi : 513 Tweets #chinaconnect, beaucoup de slides, un nombre hallucinant de chiffres-clés et d’infographics, qui se sont enchaînés les uns après les autres…Mais avec une approche très éclectique sur un vaste sujet, portée par un panel d’experts venus de Chine et d’Europe, l’un des points forts à mon sens du programme proposé. Donc à ce titre, mon compte-rendu sera subjectif et partiel (et en 2 parties) avec la volonté de partager ici ce qui a retenu mon attention, notamment sur les questions du digital et du luxe en Chine.

Made in China : marque de fabrique chic or cheap ?

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Comme le rappelle Valéria Llopiz, directrice Internationale de Elle magazine, il y a un avant, un pendant et un après 2008, l’année de grand jeux olympiques de Beijing, qui rend forcément moins opaque ce qui se cache derrière la grande muraille de chine. Sans compter l’éclosion de nombreux flagships de luxe dans les grandes capitales de l’empire du milieu, le « made in china » synonyme de mauvaise qualité voir de contrefaçon, devient « made for china » qui s’accompagne d’une véritable ruée vers l’or pour les marques de luxe, à destination d’un nouveau marché en plein boom.

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Hermès développe Shang Xia by Hermès en 2010, Liu ling & Sun Dawei sont élus directeurs artistiques pour Cacharel en 2011, voici seulement deux bonnes raisons de comprendre que la Chine devient l’épicentre business du secteur luxe des prochaines années à venir, avec le tsunami digital qui l’accompagne, déjà perceptible sur l’horizon 2012.

Cibler juste dans l’empire du milieu :

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En ce sens, la Keynote de Laurence Lim Dally m’a particulièrement plu. Elle révèle très bien la précipitation des annonceurs du luxe à vouloir occuper le territoire sur les médias chinois, mais avec une forme de condescendance colonnialiste – ou bien tenté d’appliquer le cliché exotique – qui transforme la pseudo bonne inspiration occidentale en mépris national. Rappelez-vous, en mai 2010, Dior en fait largement les frais avec des visuels signés par l’artiste chinois, Quentin Shih, illustrant The Chinese Dream (voir ci-dessus) pour la ré-ouverture de sa boutique à Shanghaï. Une opération qui se transforme en fiasco, comme le rapporte  la blogueuse-journaliste Café mode dans son billet A quoi rêvent les chinois ? .

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Chanel n’a pas à se féliciter de cet écart, pour se comporter avec la même arrogance. Dans la vidéo Paris-Shanghaï réalisé en 2009 par Karl lagarfield, Coco Chanel donne un leçon de style à une ouvrière chinoise, en échangeant sa veste contre son bleu de travail. Tentavives de dialogue ratée et autres maladresses, l’environnement de communication en chine à ses nombreuses contraintes, et notamment du fait que la chine est plurielle, constitués de marchés disparates et complexes, il n’y a pas de « one-size-fits-all ».

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Dans la Keynote de Laurence, démonstration est faite que les marques de luxe cherchent à adapter leurs codes de communication « made for China », sans se soucier de la symbolique de l’imaginaire chinois. Culturellement parlant, par exemple, la question de la beauté physique est intimement liée à la beauté morale et psychique d’une personne. Le slide extrait ci-dessus, démontre comment le mannequin Liu Wen pour Estée Lauder, apparaît ici comme une « mauvaise femme » pour la consommatrice chinoise. Humilité ou condescendance de luxe ? il est fondamental sur un marché comme la Chine de bien mixer le sens du Collectif et aspiration à l’individualisme.

480 millions d’internautes chinois internautes, et moi, et moi, et moi…

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Les marques de luxe ont aussi bien compris l’interêt d’être présent sur internet, et depuis peu investissent les médias sociaux chinois (que je traiterais davantage dans un second post china Connect Part II) qu’ils vont devoir apprivoiser avec le temps et non sans contraintes. Comme le précise Laure de Carayon dans son abécédaire à la lettre I comme Internet :  jusque à là politiquement surveillé par plusieurs départements/agences d’état, le réseaux des réseaux et maintenant contrôlé par un nouveau Ministère, le « State Internet Information Office » dirigé par le Ministre de l’Information) : technologiquement, linguistiquement, commercialement, la Chine ne cesse d’encadrer «son» web. Si le digital est notre language commun, le contexte environnant, toujours plus complexe, creusera-t-il cet écart ?

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La relation interpersonnelle via le digital est très importante pour le citoyen chinois.  Ils ont trouvé sur le web tout à la fois : un espace d’information, de divertissement, d’expression, de socialisation en « liberté surveillée » avec une population d’internautes dont 70% ont moins de 34 ans; le jeune chinois a quitté les campagnes pour la ville – avec la solitude qui l’accompagne – et passe plus de temps en ligne où il a plus de relations que dans la vie réelle, car enfant unique, il n’a pas fait l’expérience de la communication avec ses pairs. Créatif et participatif, il aime créer du contenu (blogs, vidéo, musique, pages persos…) et certains d’entre eux commencent à être identifiés comme leaders d’opinions pertinents pour le secteur de la mode, de la cosmétique, ou encore des vins et spiritueux. Un article récent sur l’excellent  blog marketing en chine relate les 7 grandes typologies de l’internaute chinois. Avec  tout de même 500,000 commentaires mensuel concernant l’industrie du luxe sur le social media chinois, la compétition digitale ne fait que commencer…

Ma deuxième partie traitera justement plus en détail sur comment les marques de luxe investissent le social médias, qui en sont les pionniers, comment elles identifient et se connectent avec leurs e-influenceurs. A venir très prochainement.

Hermès, artisan contemporain depuis 1837

Jeudi 17 février 2011

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Nouvelle campagne  Hermès printemps 2011 autour du thème Artisan contemporain depuis 1837, avec Jacquelyn Jablonski sous l’objectif du photographe Nick Knight. Tout en élégance.

Take a Ride : Hermès tape son ollie air 360°

Mardi 9 novembre 2010

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La vidéo Take a Ride – diffusée respectivement sur Les ailes d’ Hermès et sa jeune page Facebook – m’a laissé un sentiment trouble, à la fois plaisant et déplaisant, elle m’a en tous les cas donné l’envie de remettre le pied à l’étrier sur ce blog, un peu délaissé ces derniers temps au profit de Twitter,  je dois bien l’avouer. Mais bon, 140 caractères ne suffisait pas ici pour évoquer ce ressentiment bizarre.

D’abord plaisant, en effet, car la maison a trouvé un format adapté au média digital (en terme d’écriture et de format, mais aussi de public) pour présenter une bonne douzaine de produits manufacturés maison : Mini-selle SteinKraus, parfum Terre d’Hermès, Ceinture Etrivière, etc. On enlève le scénario et la mise en scène, ne reste que des plans packshots bien mis en lumière, à l’ancienne. On ajoute du fingerboard, de l’ollie flip et du pop shove it 360°, on parle tout de suite un autre langage et on gagne en street credibility auprès  d’une nouvelle communauté de consommateurs, dit la relève, a priori présent sur Facebook-Youtube & co. On retrouve les codes du Homemade vidéo qui font le succès du genre viral, mais qui rejoint aussi l’esprit artisanal et enfantin, propre à Hermès. Un juste équilibre donc,  entre placement de produit, d’un côté, contenu buzz de l’autre, avec tout de même un air de déjà vu.

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Et c’est là que le sentiment déplaisant intervient : l’idée que Hermès se brûle les ailes avec une nouvelle stratégie de démocratisation, en recopiant les phénomènes à succès du genre digital. A commencer par l’initiative opportuniste de jaimemoncarre.com et sa direction artistique baclée, qui est pire qu’une réponse tardive au succès de The Art of Trench de Burberry (de mon point de vue), sinon  un premier aveu de faiblesse  face à l’ Hyper-compétition digitale des maisons de luxe. Avec une entrée Last but not least sur Facebook (mûrement réfléchit ou inévitable ?) qui participe à ce ressentiment personnel vis à vis d’une marque / maison que je plaçais loin au dessus de toutes pour son rapprochement évident  vers l’ultra-luxe, mais qui finalement revient dans la mêlée du luxe masstige décomplexée pour jeunes fashionistas.

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Et puis Diana de @webandluxe m’a fait découvrir aujourd’hui et  justement sur Facebook (quand je vous parle de relève…)  le lien conduisant à Take a Ride, cette vidéo dont il est question ici, avec une qualité certaine, certes, mais aussi avec ce petit air de déjà vu qui m’a encore une fois de plus, désarçonné. Le sentiment d’un copié-collé de la vidéo culte d’Alexis Milant, qui dépasse aujourd’hui le million de vues sur Youtube. Là, c’était trop, j’ai senti la tromperie,  une sorte de trahison morale mal cicatrisée. Mais après enquête (et en écrivant ce post) j’ai revu mon jugement, car le film que propose Hermès est justement réalisé par ce même Alexis Milant (signé au crédit) et là on retombe sur nos pattes, avec un Hermès éclaireur de nouveau talent (j’imagine déjà repéré par Fubiz), mais pas forcément connu du public  Facebook, avec un allumage de mèche fort de 211,000 abonnés sur la page officiel Hermès.

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L’initiative est donc là : aller chercher sur Youtube, Viméo, Dailymotion ou Blip.tv, la jeune pousse de la création digitale qui a fait ses preuves numériques (en terme de talent et d’audience) en amont, des futurs Jean Baptiste Mondino ou autre Jean Paul Goude pour de nouveaux publics en rupture avec les codes du luxe bien pensant de papa-maman ? Et donc redéfinir l’imaginaire du luxe dans la consommation quotidienne des contenus sur les médias sociaux ?

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Le messager Hermès, c’est celui qui apporte de la nouveauté en respectant la tradition de valeur et de sens initié, c’est le tutoiement du moderne avec l’ancien, cette idée possible et méritante qu’on a surtout le droit d’essayer, d’expérimenter, de se tromper, de provoquer le présent pour apprendre le futur, à partir du moment où l’ identité mère pousse la projection auprès de la nouvelle génération entrante.

NB : pour comprendre la motivation de ce post (non sponsorisé, of course), entendre que je me passionne pour la street culture (ex-skater et amateur de street art), de la question du luxe contemporain, des médias sociaux et de la création digitale. Donc analyse totalement subjective et ouverte aux réactions, bien entendu…

2010, l’année du premier contact buzz de luxe ?

Lundi 18 janvier 2010

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Voilà un moment que je n’ai pas publié sur ce blog, paradoxalement au moment où l’actualité du buzz dans le secteur du luxe bat son plein. Entre les fêtes de fin d’année et une activité parallèle débordante, un petit break était nécessaire. Alors voilà,  je peux barrer ma première bonne résolution pour 2010 et reprendre le fil de mes observations sur buzz2luxe, en commençant par vous souhaiter une excellente année 2010 ! Une décennie est passée depuis la prétendue fin du monde de 1999 et du fameux bug de l’an 2000, et sans s’en rendre compte, tout cela parait un siècle à l’échelle de l’évolution Internet. A cet égard, 2009 a été un grand tournant pour le luxe dans sa conquête du web 2.0, notamment avec les nouvelles opportunités qu’offrent les médias sociaux comme Facebook et Twitter, là où se passent les discussions, et les blogs, là où se construit l’opinion et la e-reputation d’une marque. Je pensais faire un bel article intitulé 2010, mes 10 prédictions de luxe mais je me suis ravisé en l’écrivant, car finalement, il est toujours préférable de regarder dans le rétroviseur avant d’accélérer. Plus que la bonne direction à prendre, la question qui se pose aujourd’hui est celle de la destination finale, des objectifs à atteindre. 2010, l’année du premier contact buzz de luxe ? un titre qui fait référence au film d’anticipation 2010, A space odyssey imaginé en 1984 et qui rend ironiquement hommage au robot intelligent HAL : » Hello Dave, I’m on Twitter, now »

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Pour résumé, avant de rentrer dans le détail, j’ai vécu cette année la transition de l’internet mobile « everytime, everywhere » : le buzz ou bruit de la discussion se situe partout, tout le temps, à n’importe quelle occasion, online et offline. On parle de tout et de rien, on discute en temps réel, on commente une situation sur le mode oral mais avec un traitement écrit. Et comme le dit le vieil adage « Les paroles partent, les écrits restent » et Google sera toujours là pour nous le rappeler . Et ça, ça change tout dans la gestion de la réputation d’une marque de luxe. Le monologue ou la distance est toujours possible, tout est finalement question de stratégie de communication, mais ignorer ce qui se passe sur les médias sociaux, c’est comme déléguer le pouvoir d’expression de la marque au premier venu, du simple fan animateur de marque au caïd de la contrefaçon. Le virage buzz de luxe n’est pas simplement une question de marketing « couteau suisse » 2.0 avec une panoplie de gadgets, c’est surtout une véritable anticipation sur les enjeux futurs de la communication luxe.

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Twitter, une conversation privilégiée avec le Luxe

Début 2009, aucune maison de luxe n’était présente sur Twitter. Aujourd’hui, elles y sont toutes ou presque, avec toujours cette difficulté de raconter la richesse de leur patrimoine avec finalement, si peu de mots. Et pourtant, ces grandes marques du luxe ne sont-elles pas capables, par ailleurs, de manier  l’art du slogan ou du bon mot ? Ecrire l’histoire d’une belle marque en temps réel, est-ce si difficile ? L’autofiction, le carnet de voyage, le roman épistolaire sont autant d’inspirations littéraires susceptibles d’enrichir le fil thématique d’une maison de luxe. On aimerait lire, par exemple, le récit minuté d’une échappée belle à la Hermès ou mieux encore, l’épisode quotidien d’un journée Vuitton.

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Le fil twitter n’est qu’une nouvelle façon de raconter des histoires, complémentaires aux autres moyens déployés. En exemple, je vous invite à relire la conversation impertinente de Jean Paul Gaultier pour les parfums Classique et le Mâle ainsi que le fil narratif de la saga Lady Dior, deux études de cas traitées sur ce blog au cours de l’année passée.

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Dans la ruée du far web, chacun a pris sa place et a conquis (ou pas, d’ailleurs) ce nouveau public de pionniers, mais en 2010, il faudra construire les édifices d’une nouvelle communication de proximité, probablement sur le mode conversationnel. Les architectes du web social devront comprendre ce qu’il faut bâtir pour l’environnement de la marque à long terme, tandis que les animateurs sociaux (veilleurs,compteurs, médiateurs) devront assurer un service quotidien de maître d’hôtel et de concierge. En somme, il serait sage d’éviter de construire la tour la plus haute et la plus luxueuse pour abandonner ensuite le chantier en route, faute de clients intéressés (comme à Dubaï, ci-dessus). Il s’agit plutôt d’offrir un service, un lieu de passage et de correspondance symbolique pour la marque, construire une gare ou un aéroport avec un flux permanent et une planification horaire précise, pour poursuivre sur la métaphore.

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Facebook, le Luxe « masstige »

Facebook, avec ses 350 millions de membres à travers la planète, est une nouvelle aubaine pour le  luxe masstige, notamment sur les secteurs de la parfumerie et de la petite maroquinerie, une part de rêve accessible par tous en un clic depuis une fan page vers la boutique  e-commerce.  Les milliers de fans qui s’inscrivent sur les pages de marques de luxe le font naturellement, c’est un public volontaire, mais contrairement aux mêmes  milliers de clients qui visitent les boutiques chaque jour à travers le monde, il n’y a souvent personne pour leur dire : bonjour madame, bonjour monsieur, puis-je vous renseigner ? Alors que, paradoxalement, facebook connect permet d’animer l’ensemble d’une communauté online sur un point de vente e-commerce, avec l’avantage supplémentaire qu’un simple visiteur peut instantanément recommander un produit à son entourage online. Le défilé Vuitton sur Facebook à ce titre  devient un must have, elle aura permis à la marque au monogramme de recruter 200.000 fans supplémentaires. Mais après ce coup d’éclat, CRM ou SRM ? Le social relation management englobe ainsi les stratégies Twitter et Facebook, car le luxe, c’est d’abord une question de service sur mesure : l’écoute, le conseil, la qualité de la prestation. A noter que Armani à reproduit cette idée de défilé live à la fashion week de Milan, ce week-end, avec un premier compte-rendu sur le blog de So Dandy. On peut imaginer que le Lifestream facebook va devenir une norme pour l’industrie du Luxe et de la Mode en 2010. Qui vivra verra.

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Les blogueurs en première ligne

Et les blogueurs ? Doit-on les placer au dernier rang du défilé alors qu’ils sont les premiers à Twitter leur avis sur une collection, ou faut-il les surexposer symboliquement au front row pour renverser l’ancien système monarchique de la planète mode ? Les blogueurs sont des créateurs de contenus, des passionnés, des technophiles malins capables de remonter un scoop plus vite sur Google que la version en ligne d’un Vogue ou de Elle magazine. les blogueurs font la loi dans leur far web. Le paradoxe entre embargo de presse et fuite d’information sur la blogosphère fait état d’une problématique capitale pour le luxe : la confidentialité. Une question qui touche plus à la communication et aux services de relations presse, qui vont devoir raconter la même histoire aux deux publics, peut-être en imaginant une nouvelle forme de storytelling transversale entre les deux mondes (l’ancien système et le nouveau) ? De l’autre côté, les blogueurs souhaitent des contenus exclusifs pour leur lectorat (comme les autres médias, d’ailleurs) plus que des cadeaux finalement, qu’ils entassent à la pelle dans leurs placards.  De plus, certains d’entre eux anoblissent la question du 2.0 en créant des contenus de qualité, souvent plébiscités par les autres blogueurs et relayés par les communautés, et au delà parfois, dans les médias traditionnels. The Sartorialist pour Burberry, Garance Doré pour Céline et Gap, James Bort et Le Modalogue pour la marque de prêt à porter Le Mont- St Michel sont les quelques exemples de ce cru 2009.

Pour conclure, il n’y a pas de conclusion. L’année ouvre sur de nouvelles opportunités comme la réalité augmentée, la géolocalisation des contenus ou encore le beamvertising. J’y reviendrais prochainement dans mon compte-rendu sur le sommet Luxe & social Média organisé par Luxe Corp, qui s’est tenu à l’Hôtel George V le 8 janvier dernier.

L’échappée belle d’Hermès sur un îlot de luxe : le why 58

Jeudi 24 septembre 2009

Bienvenue à bord du Why 58. La maison Hermès a monté une société commune avec le chantier naval italien Wally pour lancer une série de yachts ultraluxe. Présenté hier au Monaco Yacht Show, ce vaisseau amiral de luxe a été conçu comme une île nomade, faisant appel aux technologies les plus avancées en matière de développement durable, a expliqué hier Luca Bassani, PDG de Wally.

Avec 58 mètres de long pour 38 mètres de large, ce yacht  peut accueillir 12 passagers et 20 membres d’équipage. Sur 3 400 mètres carrés habitables le Why 58 propose notamment une suite principale de 200 mètres carrés avec une terrasse privative de la même surface, une piscine de 25 mètres, trois ponts, une salle de gym, un spa, un helipad mais aussi trois patios dont un planté d’un arbre. Un détail original et symbolique, terriblement dépaysant au grand large…

Je vous invite au voyage à bord du Why 58 avec cette présentation vidéo. Avec ses lignes, ses terrasses, ses espaces intérieurs, le navire prend des allures de maison d’exception. Principalement prévu pour une utilisation privée, le Why 58 pourrait d’ailleurs être décliné en bateau de croisière ou en hôtel flottant de 40 chambres.

Sa forme hors du commun garantit au Why 58 une haute stabilité en mer, au détriment de la vitesse de croisière. Animé par un moteur hybrique diesel-électrique grâce à ses 900 mètres carrés de panneaux solaires, le Why 58 plafonne en effet à 14 noeuds. Il sera disponible à un tarif compris entre 60 à 100 millions d’euros selon les aménagements souhaités par le client.

24, rue du Faubourg Saint Honoré

Mercredi 15 avril 2009

C’est l’adresse mythique du Flagship d’Hermès, rénové depuis octobre 2008. L’univers masculin au rez-de-chaussée y gagne en clarté et un nouvel escalier, tout en verre et baigné de lumière, mène au premier étage. Là, les 300 m² supplémentaires donnent au lieu une atmosphère plus minérale, scintillante, et épurée. Au delà de l’espace physique, la boutique Hermès a son prolongement e-commerce sur Les ailes d’Hermès et maintenant, en un clic, découvrez l’effervescence d’une journée en boutique avec un joli petit film réalisé en Time lapse, une technique de prise de vue qui dynamise le propos. Avec des mises à jour régulières de contenus surprenants et toujours dans la fraîcheur du temps, les ailes d’Hermès reste pour ma part l’une des plus belles réussites en e-boutique de luxe, et j’aime m’y ballader régulièrement.

Si je vous en parle, c’est aussi pour vous présenter le travail d’un ami talentueux, benoît De Vilmorin, qui réalise du contenus de haute qualité via sa structure Honkytonk. Notamment avec la production voyage au bout du charbon, un web documentaire à la rencontre des mineurs de la vallée du Shanxi, diffusé en exclusivité sur Lemonde.fr, à voir de toute urgence si ce n’est déjà fait.

Hermès contre-temps

Jeudi 26 mars 2009

Sur la base de la technologie e-paper et OLED flexible, Hermes Contre-Temps est le bijou technologique idéal pour la femme contemporaine et une bonne alternative au netbook qui malgré tout prendrait trop de place dans un Birkin ou un Kelly. Cet agenda électronique imaginé par le designer Alexandre Fourn illustré dans le cadre d’un travail d’étude autour de l’univers Hermès offre un service de messagerie, d’une fonctionnalité lecteur RSS, le tout basé sur l’interaction tactile.

All I do – Le carré fluide d’Hermès par Rosario Romagnosi

Lundi 23 février 2009

Hermès lance une nouvelle ligne du Carré Fluide qui, comme le dit la chanson Summer, Winter, Autumn and Spring sera transversale aux saisons. Le traditionnel carré, intemporel, se porte autour du cou, en top bikini, en couvre chef, il est l’accessoire luxe de la femme moderne en mouvement, qui s’accompagne avec le temps et ses désirs du moment. Une évocation signé Rosario Romagnosi qui joue sur un temps élastique, qui se passe de mode et des saisons, et qui introduit la notion de Slow wear, sur laquelle nous reviendrons.